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 Algora, un couteau suisse pour la formation ?

DEGUERRY Nicolas - octobre 2006  - nicolas.deguerry@algora.org - Télécharger le document Télécharger ce fichier en format PDF 



Evoluer dans le monde de la formation, c’est bien souvent se trouver à la croisée des chemins. C’est, pour reprendre les termes du Conseil scientifique de la revue Distances et Savoirs, être acteur d’un champ transversal et foisonnant. Transversalité d’un domaine qui renvoie aussi bien à la pédagogie et aux technologies qu’à l’économie et à la réglementation ou aux problématiques d’aménagement du territoire. Foisonnement d’un secteur sans cesse en quête d’amélioration et d’innovation, en prise directe au temps politique et aux évolutions de la société. C’est aussi être l’héritier actif d’une tradition, être capable de distance, d’analyse et d’anticipation. Et finalement, c’est peut-être bien parce que c’est être pris dans une sorte de mouvement perpétuel qu’il nous a toujours paru difficile de se présenter. Créé en 1981 par le ministère du Travail en tant qu’observatoire des ressources audiovisuelles pour l’éducation permanente, ALGORA s’est bien vite sentie à l’étroit dans ces limites qui semblaient nous cantonner à un rôle d’observateur d’une galaxie lointaine alors même que nous en étions partie prenante. Car Algora, c’est aussi une équipe de consultants au service de la professionnalisation des acteurs, un cabinet d’études et d’audit, un service d’appui technique et d’animation du réseau des Ateliers de Pédagogie Personnalisée (APP) depuis 1986, des Points d’Accès à la Téléformation (P@T) depuis 2003, une offre de formation inter depuis 2005. C’est cette diversité de postures qui nous permet aujourd’hui de répondre à la proposition amicale de Distances et Savoirs. C’est avec plaisir que nous avons saisi cette opportunité de mieux vous faire comprendre le rôle et les missions d’Algora. Voici donc, sous forme d’extraits commentés, notre « cartographie, à la fois pragmatique et réaliste, des faits et tendances de la formation ouverte et à distance (FOAD). » Pour une lecture intégrale des contenus cités, merci de noter que les liens s'ouvriront dans des fenêtres externes.

Le rôle d’un observatoire, puisque c’est en ces termes que
Distances et Savoirs a pensé à Algora, ce n’est certainement pas de balayer à la longue vue son objet d’étude, mais au contraire, c’est s’efforcer d’en appréhender toutes les facettes pour être capable d’une approche critique du temps présent, tout à la fois instruite du passé et tournée vers l’avenir. Ce que nous essayons de partager avec notre public, c’est un regard prospectif issu d’un travail de mémoire. On pourra par exemple relire notre édito de l’été 2002, intitulé Les TIC et la lanterne magique, dans lequel nous nous appuyions sur la vague de l’EAO des années 1980 pour discuter des rapports entre changement et technologie :

 "Il est assez surprenant de voir que ce sont toujours les mêmes questions qui se posent, plus de vingt ans après la vague de l'EAO. Qui plus est à l'heure où le e-learning, dont on pouvait croire qu'il était la lame de fonds qui allait laminer la formation traditionnelle, semble plutôt occasionner une vaste désillusion et un retour aux fondamentaux de la formation.

Cette désillusion et ces doutes viennent peut être de l'amalgame assez fréquent entre technologie et ouverture, au point que l'on a assez naturellement tendance à considérer qu'un dispositif se basant sur l'usage des technologies est un dispositif ouvert, qui prend en compte les besoins, les goûts et les aspirations des apprenants et favorise les apprentissages autonomes. Ainsi, les technologies seraient la panacée qui permettrait à la fois d'individualiser la formation, de la rendre plus efficace, de proposer du juste à temps, de diminuer les coûts, de se passer partiellement des formateurs, de rendre les personnes autonomes et plus performantes. Dans le même temps, les technologies bouleverseraient radicalement les modèles pédagogiques antérieurs des formateurs qui, par une sorte de renversement copernicien miraculeux, intégreraient sans aucune difficulté ce nouveau tiers, la machine, dans une relation jusque là duale (formateur-groupe) et opteraient du jour au lendemain pour une nouvelle pédagogie, plus soucieuse de la personne qui se forme. Ce n'est évidemment pas comme cela que ça se passe " dans la vraie vie " […]."


L’un des buts de l’observation, c’est aussi de participer à l’identification d’un territoire pour aider à sa maîtrise. Présente dans de nombreux partenariats, Algora entend être un acteur actif de la construction du champ de la formation ouverte et à distance. Exemple avec notre engagement dans la Conférence de consensus du collectif de Chasseneuil, qui reste à ce jour l’une des principales aventures collectives dédiées à la compréhension du concept de FOAD. Ainsi, une formation ouverte et à distance se comprend comme un dispositif :

".    organisé, finalisé, reconnu comme tel par les acteurs ;
 .    qui prend en compte la singularité des personnes dans leurs dimensions individuelle et collective ;
·    et qui repose sur des situations d'apprentissage complémentaires et plurielles en termes de temps, de lieux, de médiations pédagogiques hum



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