Le bureau de la formation des adultes du ministère de l’éducation nationale vient de réaliser une étude auprès des publics bénéficiaires du B2i et commanditaires de formations dans le champ des TIC. L’objectif était de mesurer la notoriété de cette certification mais aussi ses effets sur les trajectoires professionnelles et usages des individus. Autrement dit, au delà des statistiques qui nous renseignent sur les caractéristiques des publics, cette étude essentiellement qualitative répond aux questions suivantes : A qui profite le B2i adultes ? Quels sont les mobiles et motivations des individus qui cherchent une certification de leurs capacités d’usage des TIC ? Enfin, quels sont les effets de la certification sur l’emploi et sur l’appropriation des technologies ? En 2001, l’objectif de cette certification d’état était de « réduire le fossé numérique », en proposant aux adultes qui, de par leur situation, leur niveau de formation initiale… étaient exclus des TIC. En inscrivant le B2i adultes dans la formation professionnelle continue de droit commun, le réseau des GRETA a pris une part active dans la diffusion de la « culture numérique », prolongeant ainsi l’effort engagé par le ministère de l’emploi lequel a largement prescrit le CNI aux demandeurs d’emploi.
Le B2i : Quels publics ?
Les statistiques à fin 2004 révèlent que le B2i adultes concerne en premier lieu les demandeurs d’emploi (73 % des bénéficiaires), viennent ensuite les salariés (15 %), les demandeurs individuels (4 %) et les personnels de l’éducation nationale (8 %). Les publics sont majoritairement des femmes (77 %). En termes de tranche d’âge, la tranche dominante est celle des adultes de 21 à 40 ans (65 %), puis les plus de 40 ans (28 %), enfin les jeunes de moins de 21 ans (7%). Au regard du niveau acquis en formation initiale ou en formation continue, les publics ont pour 49 % un niveau inférieur ou égal au niveau V, 37 % au niveau IV et 14 % au niveau III et au delà. Ces statistiques confirment l’utilité sociale du B2i adultes au vu des dernières données sur les TIC en France. En effet, les indicateurs économiques traduisent une large diffusion des TIC, mais pointent également la permanence d’inégalités d’accès notamment selon la catégorie socioprofessionnelle ou le niveau de diplôme [5]. L’accès des adultes aux certifications dans le champ des TIC est cependant dépendant des politiques des principaux financeurs de la formation continue (Conseils régionaux, OPCA…) et de la disponibilité sur les territoires de dispositifs de formation encourageant la promotion sociale, la qualification et la reconversion professionnelle. Les certifications dans le champ des TIC, comme celles du domaine des langues, sont par définition « transversales » aux secteurs professionnels, leur inscription dans les plans de formation dépend de politiques volontaristes.
Les mobiles et motivations des publics [6]
Les mobiles et motivations des bénéficiaires sont de trois types :
des attentes en rapport avec la maîtrise de l’outil informatique, et ce quelque soit la situation par rapport à l’emploi. Les individus cherchent à s’approprier l’outil (apprentissage, découverte), à mettre à jour leurs capacités acquises « sur le tas », en autodidacte.
des attentes en rapport avec la recherche d’emploi, la reconversion ou encore la création d’une nouvelle activité. On trouve dans cette catégorie des demandeurs d’emploi dans la deuxième partie de leur carrière professionnelle. Il s’agit de personnes dont la trajectoire professionnelle a été perturbée par un changement (licenciement), interrompue par choix personnel (congé parental) ou qui choisissent de se réorienter. La maîtrise de l’outil informatique est justifiée par l’objectif de retour à l’emploi.
des attentes de reconnaissance sociale, la certification recherchée a valeur de signal auprès des employeurs. On trouve dans cette catégorie des salariés qui attendent une validation de leurs connaissances et capacités dans le domaine informatique pour être reconnus. En recherchant « le diplôme », l’attestation officielle, certains salariés cherchent à modifier leurs conditions d’emploi (passage d’un contrat à temps partiel à un contrat à temps plein) ou anticipent un risque de déclassement professionnel ou de licenciement.
Le B2i est perçu, non comme une attestation de capacités, mais comme un « diplôme national », préparé de manière identique sur le territoire et garanti par le ministère de l’éducation nationale. Pour de nombreux adultes, la valeur du B2i est construite en référence aux enfants ou aux jeunes qui l’obtiennent dans leur cursus scolaire, ils expriment le besoin d’acquérir un niveau de culture équivalent à celui détenu par leurs propres enfants et par les jeunes entrant sur le marché du travail.
Quels effets sur l’emploi ?
Concernant l’impact de la certification obtenue sur l’emploi soit en termes d’accès, de maintien ou de retour à l’emploi, soit en termes de mobilité soit en termes d’évolution dans les activités et tâches confiées, des changements de situation sont observés : 32 % déclarent que la certification a eu un impact direct sur leur situation initiale, 11 % ont retrouvé un emploi et 3 % ont modifié leurs conditions de travail (passage d’un temps partiel à un temps complet). Concernant les demandeurs d’emploi, les témoignages montrent que la formation et la certification participent de la valorisation de l’image de soi, d’une mise en confiance favorable à la rec