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 Le temps d'apprendre : un chantier ouvert !

VANDERSPELDEN Jean - janvier 2006  - jean.vanderspelden@algora.org -


Retour sur le colloque Le Temps d'Apprendre, organisé le 5 décembre 2005 par Algora, Accor Services Formation, le Cereq et le Greta Tourisme.


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Le temps d'apprendre :
http://www.letempsdapprendre.f
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Une centaine de participants ont assisté au colloque organisé le 5 décembre 2005 par Accor Services Formation, Algora, le CEREQ et le GRETA Tourisme sur la problématique d’une meilleure prise en compte de l’articulation entre les temps de travail, de formation et personnels. Les constats d’inégalité de ces différents temps, entre femme et homme, mais aussi, entre catégorie socioprofessionnelle, mis en évidence dans les actions antérieures «Cityctac tactic» et «Equilibre», ont été repris dans le projet «Le temps d’apprendre». Ce projet a pour objectif de susciter et de mettre en valeur les expériences d’individus et d’entreprises ayant contribué à une meilleure égalité des chances en formation, en s’intéressant à la logique et aux conditions de conciliation des temps. Le colloque de fin de projet a permis de présenter les différentes productions , et de partager et d’ouvrir la réflexion sur l’évolution de la place transversale du temps, dans notre société, en générale, et plus particulièrement, dans la sphère de l’apprentissage tout au long de la vie, à la lumière des dernières réformes sur la formation.

En introduction, Jean Viard, sociologue au CNRS, a évoqué l’évolution du rapport aux temps dans notre société. Si l’allongement exceptionnel du temps personnel représente un défi, tant du point de vue individuel, que collectif, celui-ci n’est pas vécu uniformément : certains y trouvent des opportunités, d’autres des contraintes. Les intervenants du CEREQ nous ont rappelé, que la formation est à ce titre un terrain exemplaire, puisqu’il ressort que seul un salarié sur trois (plutôt un homme, hautement qualifié, salarié d’une grande entreprise, vivant en Ile de France) se forme ! Les témoignages ont illustré la nécessaire articulation des temps, subie ou choisie, sur une dimension verticale (formation initiale, carrière, chômage, formation continue et retraite) et sur une dimension horizontale (travail, cours, enfants et parents âgés, transport, vie citoyenne et loisirs). L’anticipation des problèmes de gestion des temps dans l’accès à la formation est une condition pour mobiliser plus efficacement les outils issus des nouvelles lois de la formation. Elle passe nécessairement par une implication ajustée des partenaires sociaux, des entreprises et des pouvoirs publics, et par le recours à des organisations ouvertes et innovantes. Ont été présentés à ce titre des exemples tirés des entreprises Swiss Life, Ibis et ISS France, ainsi que deux dispositifs intégrant l’individualisation des parcours (la VAE et le réseau des Ateliers de Pédagogie Personnalisée).

Pierre Le Douaron, représentant la DGEFP , a conclu ce colloque par une mise en perspective de la problématique, sur le plan national, puis européen. Si les lois de 1971 ont inscrit la dynamique de la formation dans le code du travail, donnant ainsi la seule responsabilité de l’initiative formation aux employeurs dans une logique d’investissement, le nouvel accord, lié à l’ANI, redonne plus de pouvoir à l’individu, au sein de son entreprise, en lui accordant un droit (le DIF) et un nouvel espace de négociation avec son employeur sur les modalités de mise en œuvre de ce droit, tant sur le contenu que sur le rythme. Il offre aux salariés peu qualifiés, une occasion de se saisir du temps de formation et de le gérer, avec plus de cohérence, dans les limites arrêtées avec leurs employeurs. Dans une perspective communautaire ensuite, Pierre Le Douaron a souligné la dynamique forte du «Life long Learning», par laquelle chaque citoyen européen devrait avoir la possibilité de trouver d’autres moyens et procédures, souples et adaptées, de reconnaissance des savoirs non acquis en formation, tout au long de sa vie de travail ou personnelle.

L’apprentissage ne peut se réduire aux temps de formation. Il s’agit plus du processus personnel lié à un projet (apprenance) que d’une procédure strictement qualifiante liée à des institutions (la formation). La question clé du «temps d’apprendre» nous oblige à ré-interroger l’équilibre temporel entre initiative personnelle et dynamique organisationnelle.


 Le sas de pré-intégration à l'emploi, une initiative soutenue par le projet Cityctac

Anticiper les difficultés liées à un retour à l’emploi, proposer un emploi durable, développer des partenariats avec des organismes d’insertion locaux, tels étaient les objectifs des RH et des directions des magasins Monoprix de Boulogne Billancourt. C’est dans ce cadre que l’APP de Boulogne Billancourt en concertation avec le directeur du Monoprix Studio de Boulogne, a conçu et réaliser un dispositif de formation et d’accompagnement individualisé original, visant à donner les bases de l’employabilité, et intégrant la dimension du genre, du temps et de l’usage des technologies dans une perspective d’emploi durable.

Ce Sas pré-intégration de 35 heures s’adresse à chômeurs-ses de longue durée et s’inscrit dans une démarche globale :

  • une pré-sélection des candidats à partir des compétences des postulants qui, à défaut, sont orientés vers des formations français-mathématiques ;
  • la formation des stagiaires dans le Sas pendant 5 jours ;
  • une proposition du CV des stagiaires aux directeurs des magasins Monoprix partenaires pour un premier entretien d’embauche ;
  • un accompagnement et suivi jusqu’à l’embauche.
L’entreprise est fortement mobilisée durant le mois précédent le recrutement : elle doit définir ses besoins (le nombre de postes à pourvoir sur un territoire), positionner les candidats en fonction de critères géographiques (postes à pourvoir-lieu d’habitation), réunir les apprenants afin de les informer sur le processus d’intégration dans l’entreprise et le profil des postes, préparer les entretiens d’embauche, rédiger les contrats de travail ou repositionner le candidat.
Expérimenté à trois reprises, ce dispositif a permis de recruter 75% des demandeurs d’emploi ayant suivi le Sas, dont 50% en CDI.


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