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 TutoFOP, la formation de formateurs à la carte : bilan et interrogations

HAEUW Frédéric, COLLECTIF - janvier 2006  - frederic.haeuw@algora.org -


Après deux années d’expérience, à l’aube d’un probable déploiement dû à une demande croissante, ses animateurs ont souhaité en capitaliser les acquis et en tirer un premier bilan. Cet article vise donc à identifier les « ingrédients spécifiques » qui fondent l’originalité de ce dispositif. Il aborde également la question de l’approche compétences, celle de l’accompagnement et la place des technologies. Enfin, il se conclut par une vision plus prospective liée au déploiement de TutoFOP.

Le parti pris de l’approche compétences

La mise en place du dispositif TutoFOP s’est inscrite dans un contexte de forte évolution, tant législative (loi de modernisation sociale, de formation tout au long  de la vie, de cohésion sociale en préparation…) qu’économique (marché en contraction, changement des règles du jeu de financement), ou encore technologique (développement de nouvelles modalités pédagogiques). Toutes ces évolutions induisent à terme des modifications de l’organisation des centres, mais transforment aussi l’exercice du métier de formateur. Parallèlement à ces changements contextuels, la nature des contenus des qualifications en formation professionnelle doit évoluer pour améliorer l’employabilité et se rapprocher des situations de travail réel. Pour répondre à cette exigence, la réponse couramment admise ou proposée est celle dite de l’approche compétences de la formation, le concept de compétences étant entendu comme la capacité à mobiliser un ensemble de ressources (savoir, savoir-faire,…) dans une situation de travail donnée.

La professionnalisation des formateurs de centre à l’ingénierie de formation est un vecteur potentiel d’adaptation aux évolutions et au développement stratégique des centres. L’hypothèse a été faite que l’introduction de la logique compétences en vue de cette professionnalisation renforcerait les dynamiques attendues. Pour s’inscrire dans ces contextes brièvement tracés, le dispositif Tutofop a donc été initialement conçu comme un vecteur d’acquisition collective de compétences spécifiques d’ingénierie. Il s’agissait d’accompagner les changements organisationnels, en impulsant une dynamique d’organisation apprenante en capacité de se mobiliser autour de son projet et en favorisant le développement d’une culture « compétences », dans une perspective de reproductibilité formateur-formé. L’hypothèse a été faite, et a priori confirmée par une étude et une phase expérimentale menée au lancement, que l’accompagnement de ces évolutions culturelles et structurelles devait se situer au niveau de l’entité centre.

 A partir d’un travail d’inventaire des savoirs et méthodes permettant de décrire les compétences mobilisées et mobilisables, le projet initial proposait donc un repérage d’écart entre des compétences disponibles au sein d’un centre et celles nécessaires à la mise en œuvre du projet de la communauté. Le plan de formation proposé devait alors viser à la réduction de l’écart constaté. Pour cela, l’outil See-K, qui permet de construire, sous forme d'arbres de compétences, une représentation synoptique des situations (état des compétences et profils existants et attendus), a été mis en oeuvre. La construction de cette base de travail s’est échelonnée sur trois ans, a mobilisé de nombreux acteurs et spécialistes et constitue un remarquable outil de travail.

Suite à une analyse de la demande, TutoF0P mobilise donc, comme la plupart des dispositifs de formation d’envergure, un « référentiel de compétences », une base d’objectifs pédagogiques reliés aux compétences, une base de ressources documentaires, des formateurs, en l’occurrence des formateurs de formateurs. Il mobilise également une plateforme de téléformation, des ressources d’autoformation et des ressources multimedia, des accompagnateurs (appelés référents TutoF0P). Somme toute, TutoF0P, utilise des ingrédients assez classiques [3]. Où se situent donc ses particularités ? Examinons maintenant les ingrédients qui nous paraissent spécifiques.


[1] Centre National de Promotion Rurale

[2] Etablissement National d'Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon

[3] Centre de Formation d'Apprentis et Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole. Le Ministère de l'Agriculture a sous sa tutelle 216 CFA et CFPPA. Ces centres accueillent 30 000 apprentis et 75 000 adultes en formation et emploient environ 3 500 formateurs et formatrices.




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