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 Les politiques régionales et l'évolution des modalités de formation

MORIN Philippe - novembre 2005  - philippe.morin@algora.org -


Algora : Comment un élu régional, non spécialiste des questions de formation, perçoit-il aujourd'hui les enjeux de la FOAD, l'évolution des modalités de formation, l'usage des technologies ?

Marie-Laure Meyer : Dans formation, il y a nécessairement communication, ce qui me semble fondamental. Il s’ensuit différentes interrogations : qui transmet à qui ? Comment ? Avec quel souci de réciprocité ? Avec quelle place accordée à celui ou à celle qui apprend ? Il y a une composante de déconstruction et de reconstruction de la réalité perçue dans la formation, qui doit permettre à la personne d’acquérir un peu plus de certitude personnelle, de rationalité pour agir. La position active et l’engagement de la personne ou de l’individu, la façon dont est gérée la réciprocité dans la communication, constituent des points essentiels à mon sens dans la réflexion sur la formation. Tout ce qui permet d’intégrer la dimension individuelle, qu’il s’agisse de l’usage des technologies de l’information ou de la recherche de souplesse dans l’adaptation aux besoins des individus, telle qu’en principe permise par la formation ouverte et à distance, est donc bienvenu.
Cela suppose que la machine par exemple ne constitue pas seulement un espace de réception de l’information, mais bien un outil au service de l’échange dans toute sa dimension de réciprocité.
D’un point de vue plus politique, le problème des élus est de savoir comment construire les conditions permettant de travailler dans cette direction. Mais au-delà de la dimension strictement pédagogique, ils doivent prendre en compte deux autres facteurs : la relation, évidemment indispensable, à l’emploi d’une part et la validation de ces cursus de formation, d’autre part. Il s’agit donc de tenter de gérer un équilibre entre ces trois facteurs : évolution des modalités de formation, validation et emploi.


Algora : Comment voyez-vous l'élargissement de l'accès à la formation aux publics qui n'en bénéficient pas jusqu'à présent ?

Marie-Laure Meyer : Trop souvent la formation est devenue une « purge » pour les chômeurs ou un moyen de pré-recrutement pour les entreprises. La dimension de pure adaptation et de contrainte est trop souvent la seule perçue par ceux qui en ont le plus besoin. Or, on le sait, la question, du sens, de la motivation, de l’appétence est essentielle. L’alternance, dans la mesure  où elle permet un aller-retour entre  la « théorie » et la mise en oeuvre dans le contexte du travail, constitue certainement une des solutions à développer. Si l’on veut construire une société du savoir, il faut faire en sorte que les gens aient envie de se former. Cela implique qu’on ne se focalise pas uniquement sur le court terme, qu’il soit économique ou politique, car la motivation des personnes ne se situe naturellement pas uniquement dans le court terme, pas plus que les besoins économiques en compétences s’ils sont examinés de façon réellement objective.

Algora : En tant que conseillère régionale en Ile-de-France, secrétaire de la Commission Formation, pouvez-vous dire s'il existe aujourd'hui, au sein des orientations de la Région en matière de formation, une réflexion spécifique sur l'évolution des modalités de formation ?

Marie-Laure Meyer : La Région Ile de France est une région gigantesque, forte de 11 millions d’habitants, les choses y sont donc un peu plus complexes qu’ailleurs lorsqu’il s’agit de parvenir à définir une politique cohérente en prise réelle avec des besoins analysés. Cela exige de faire remonter de l’information, d’en discuter, de construire des compromis entre le besoin des personnes et ceux de la société. Nous travaillons actuellement sur la redéfinition d’un schéma régional de la formation. Ce travail doit être lancé officiellement le 17 octobre prochain. L’objectif est notamment de traduire ce schéma régional par la rédaction d’un PRDF d’ici un an.
Un certain nombre de questions sont ainsi débattues. Une réflexion est engagée par exemple avec l’association régionale du CNAM sur la mise en place d’outils de type FOAD, dans une logique du type « cours du soir » dans des zones où l’accès à la formation s’avère difficile. Des négociations sont en cours avec des organismes collecteurs dans le souci d’anticiper les besoins en compétences sur certains bassins avant que les problèmes de chômage n’interviennent.  Ces réflexions s’appuient sur une observation et une analyse prévisionnelle de l’évolution des emplois. Sur la question de la validation, le système de chéquier d’accompagnement à la VAE monte en charge, la question de la capacité à absorber la demande se pose désormais.
Cela dit, l’innovation est indispensable en formation comme ailleurs et elle doit être soutenue. Il est nécessaire de réfléchir par exemple sur la passation des marchés publics, qui ont tendance à normaliser les réponses, et quelque part à araser toute innovation. Il conviendrait d’y introduire une sorte d’option innovation permettant de ne pas passer à côté de propositions pertinentes, voire de les solliciter.
Il faut aussi que nous avancions du côté des points d’accès et de leur développement. La région constitue un tissu très inégal et très « mité », qui se traduit par une inégalité en termes de besoins de service de formation de proximité, qui conduit à penser les services de façon très différenciée. Dans les endroits « éloignés »,


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