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 Séminaire de clôture de la recherche-action

HAEUW Frédéric - août 2005  - frederic.haeuw@algora.org -


Nous avons déjà eu l'occasion de présenter dans ces colonnes (INFO-Flash n°656) la recherche-action 3R "recherche-ressources et réseaux", conduite par Algora en Lorraine, Haute-Normandie et Limousin depuis avril 2004. Nous avions alors montré toute l'importance d'accompagner les acteurs impliqués pour qu'ils puissent développer une offre de formation ouverte correspondant aux besoins actuels d'individualisation et de flexibilité. Le séminaire de clôture de la recherche-action qui s'est tenu à Metz les 21 et 22 juin 2005 n'a fait que renforcer cette idée.
Les organismes de formation impliqués dans la recherche ont ainsi présenté les réalisations concrètes, parcours individualisés, ressources et outils methodologiques, produits au cours de la recherche.
Mais au-delà de ces réalisations, les intervenants ont su faire état, sans langue de bois et sans concession, de leurs difficultés et de leurs échecs, posant ainsi quelques jalons sur la manière d'impliquer les différents acteurs à l'avenir dans ce type de processus.



Quatre-vingt personnes, soit vingt-quatre organismes de formation, une dizaine d'institutions et dix régions, ont fait le voyage jusqu'à Metz. Comme l'a souligné Philippe Morin, dans sa conclusion, le succès de ces rencontres, au terme d'une recherche qui a connu nombre d'aléas, n'est pas le moindre des paradoxes. Le cheminement très itératif de 3R, dont il nous rappela qu'elle trouve son origine dans les réflexions de la commission FORE en 2001, s'est en effet avéré fort laborieux tant dans la mise au point des conditions institutionnelles, la recherche de moyens financiers, de partenaires susceptibles d'instrumenter la démarche, la difficulté à convaincre les régions à se lancer dans l'aventure, ce qui rend les résultats obtenus particulièrement précieux.


Si la recherche-action vise, dans ces fondements même, l’articulation entre recherche et pratique, et pose comme principe d’associer les acteurs de terrain à la production de connaissances, alors 3R a  atteint son but. Contrairement à nombre de colloques où la parole est monopolisée, pour ne pas dire confisquée, par les experts, ici la parole était majoritairement celle des praticiens. Ces rencontres se sont structurées en deux temps, celui de la présentation et celui de la prise de distance, et trois mouvements : le cheminement des organismes de formation, l’approche par  régions, et enfin, l’approche nationale.

Premier mouvement : l’accompagnement des organismes de formation s’appuyant sur un outil de pilotage, le référentiel des bonnes pratiques, une table ronde était consacrée à ce sujet. Avec ces 280 recommandations, répartis en cinq processus, il est peu étonnant que beaucoup d’acteurs de terrain l’ait jugé de prime abord lourd, complexe, parfois indigeste, et décontextualisé. Une anecdote parmi d’autre : la recommandation « Impliquer la hiérarchie directe de l’apprenant » qui ne s’applique évidemment que dans le cas d’une formation en entreprise a longtemps laissé dubitatif un organisme ne réalisant que des formations en direction des demandeurs d’emploi en situation d’illettrisme ! Chacun a cependant reconnu l’intérêt de faire l’effort de le décrypter, de l’adapter à son contexte et de l’utiliser comme outil de pilotage du projet. Sa valeur structurante, parfois rassurante est alors incontestable. Comme l’a souligné Nadine Kébé (DGEFP), un accompagnement est toutefois indispensable pour généraliser son usage.

Deuxième mouvement : l’accompagnement en région de la production de ressources pédagogiques. Beaucoup de régions font aujourd’hui le choix d’assurer les conditions de la mutualisation des productions à l’échelle régionale. Non sans humour, Emmanuel Journot a retracé l’historique des nombreuses tentatives de mutualisation en Lorraine, qui se sont toutes soldées par  un résultat décevant. Si la voix du bon sens reconnaît la mutualisation comme la bonne solution, nul ou presque n’a le courage d’affronter les difficultés  de la mise en pratique. 3R a testé l’hypothèse que les pratiques de mutualisation devaient être proposées de manière progressive, selon leur niveau d’implication : le produit d’une réflexion, tel que des retours d’expérience ou des méthodologies, puis le produit d’une activité (une veille par exemple), et enfin le produit d’une réalisation : des produits, des formations, des applications. Force est de constater que seul le premier niveau a été atteint et de manière encore fort limitée davantage sur le bénéfice de l’émulation que de la coopération ! Citons deux exemples de collaboration de cette nature  : la production d’un « Guide à l’intégration des ressources existantes » par un groupe d’organismes haut-normands, et la mise en synergie de deux interfaces de productions de parcours pour les bas niveaux de qualification par deux autres organismes. Pour dépasser ce stade et réussir à coopérer, il semble que l’appartenance à un réseau joue un rôle considérable.  Il est plus facile de s’affranchir des lois de la concurrence et de mettre en œuvre un processus de mutualisation quand on travaille avec des organismes qui appartiennent à un même réseau : les centres d’enseignement agricoles ou les APP par exemple.


 Les réalisations de 3R

  1. La première est celle du Greta des Hautes-Vosges qui a travaillé à partir d’une ressource existante – « Bien écrire » diffusé par TNT - pour, d’une part la compléter par de nouveaux modules, d’autre part y adjoindre un outil de suivi des progressions des stagiaires.

  2. On ne quitte pas l’apprentissage du français avec la seconde expérimentation, conduite par la CCI 54, qui a produit et mis en ligne, sur la plate-forme Ganesha, des ressources pour le français de niveau V.



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