Cet article est
initialement paru dans le n° 640 de la Lettre Algora daté juillet 2004, publié
sous forme d'encart mensuel dans la revue INFFO
Flash Les centres de rééducation professionnelle (CRP) sont destinés à la formation des travailleurs handicapés physiques ou personnes souffrant de maladie mentale. Ils proposent des parcours de formation adaptés, dont la durée est plus longue qu'en milieu ordinaire, au cours desquels chaque stagiaire bénéficie d'un accompagnement médico-social réalisé par une équipe professionnelle pluridisciplinaire (médecin, psychologue, psychiatre ou infirmière, assistante sociale). Des adaptations sont cependant nécessaires pour répondre à une demande en évolution. En effet, l'offre
actuelle est limitée car ces centres ne reconvertissent que 5 000 à 6 000
personnes par an. Par ailleurs, cette offre est dispersée sur tout le territoire
national (chaque centre n'offrant que les formations pour lesquelles il est
agréé), ce qui nécessite pour les personnes intéressées un éloignement de leur
domicile sur des périodes parfois très longues. Pour les personnes "
nouvellement handicapées " ou atteintes de maladies professionnelles, pour peu
que la formation adéquate à leurs aptitudes et à leurs besoins soit éloignée de
chez eux, à l'acceptation du handicap lui-même vient s'ajouter la nécessité
d'une rupture avec leur milieu de vie ordinaire, leur entourage, leurs proches,
leurs habitudes. Cet éloignement fait souvent obstacle et conduit des personnes
fragilisées à renoncer à la formation, qui serait cependant une manière de
surmonter le handicap. A dix-huit mois de la fin du projet SQHM (démarré en septembre 2002), les premiers bilans sont nettement favorables. L'offre de formation Hors les Murs est actuellement de 28 titres de formations modulaires et de 3 modules complémentaires. Elle est proposée par un réseau de 12 CRP répartis sur tout le territoire. 30 parcours ont d'ores et déjà été réalisés, et 82 sont en cours, ce qui représente 56% de l'objectif initial. Les femmes, particulièrement visées par le dispositif, représentent 69% des candidatures. Les formations suivies sont majoritairement de niveau V. Prioritairement, le dispositif répond aux besoins d'aménagement de parcours pour des motifs médicaux liés au handicap. Viennent ensuite d'autres motivations tels que l'organisation familiale (pour 24 % des motifs) et l'éloignement du CRP (pour 16 %). A l'inverse, la possibilité d'aménager son temps de formation ne convainc que 10 % des bénéficiaires. La formation ouverte et à distance semble donc une modalité pertinente pour ce type de public. Les évaluations qualitatives réalisées auprès des bénéficiaires font toutefois ressortir les qualités et compétences spécifiques à mobiliser pour réussir : la motivation, la rigueur, l'organisation, la persévérance, l'autonomie. Autrement dit, le système fonctionne bien …avec les personnes les plus à même d'en tirer "naturellement" profit, ce qui pose la question de l'accompagnement des personnes les plus éloignées de cette formule. Anticipant, dès l'origine du projet, les difficultés que ne manqueraient pas de rencontrer les stagiaires à distance, les concepteurs avaient imaginé un partenariat avec des centres de proximité. Il semble toutefois que cette articulation soit difficile à mettre en place. En dépit de l'effort de professionnalisation important consenti par l'association Retravailler, le GIHP Aquitaine et un certain nombre de CRP pour qualifier des "accompagnateurs de proximité", il est encore trop rarement fait appel à leurs services, pour des raisons qui restent à analyser : faiblesse de la couverture territoriale, manque de demande de la part d'apprenants qui préfèrent rester chez eux, difficulté pour le formateur à partager une partie de la gestion pédagogique et de la remédiation cognitive. Certaines expériences en revanche se développent de centre à centre ; A Peyrieu par exemple, Marie-Dominique a pu bénéficier d'une formation d'agent d'accueil en secrétariat médical dispensée par Evian, tout en restant dans son centre d'origine et éviter ainsi l'éloignement de son domicile et la rupture avec un environnement connu et favorable. De même, l'utilisation de périodes en entreprise en tant que véritables expériences formatives, selon une alternance dite "intégrative" dans laquelle une partie des savoirs s'acquièrent en situation professionnelle, peine à remplacer une vision très monolithique de l'apport de savoirs, exclusivement dévolu au centre de formation. Le projet SQHM es
|
