C'est en 2001 qu'a été prise la décision de former à la bureautique un millier de collaborateurs de Bouygues Télécom. Une attitude résolument pragmatique du pilote du projet Gilles Droulez, chargé de formation et responsable des formations e-learning à Bouygues Télécom, pour mener à bien un dispositif innovant. " En 2001, pour me familiariser avec des outils et ces nouvelles modalités de formation que je ne connaissais absolument pas, j'ai été à E-learn Expo à la rencontre des prestataires. Le discours des prestataires nous a amené à conduire un benchmarking important pour mieux appréhender les outils et les offres des acteurs du marché ". Celui-ci s'est traduit par la sélection d'un prestataire Cross Institute dont le rôle a été d'accompagner la mise en œuvre du dispositif, de proposer un tutorat individualisé et des contenus en partenariat avec Thomson NETg. Il faudra un an de préparation avant que les 600 premiers collaborateurs ne soient formés en 2002 et 400 l'année suivante. La formation dure 10 heures sur 4 semaines. Il s'agit de formations à la bureautique pour tous niveaux sur les logiciels Word, Excel, PowerPointet Access. Le collaborateur se forme sur son poste de travail. Le tutorat s'effectue à distance par téléphone selon des jours et des horaires précis. A l'issue de cette formation, chaque collaborateur a été sollicité pour remplir une grille d'évaluation du dispositif qui a révélé un taux de satisfaction de plus de 80% (aussi bien sur le plan pédagogique, ergonomique, tutorat, de l'assistante technique, et de la gestion administrative). Du point de vue du responsable du projet, " la formation en e-learning est une innovation culturelle qui transforme les pratiques habituelles. C'est un réel changement de philosophie où l'on doit amener l'apprenant à prendre conscience qu'il ne va plus se former en salle une journée mais qu'il va se former selon ses besoins, à son rythme et depuis son poste de travail ". Cette innovation ne peut se faire sans un accompagnement des bénéficiaires, sans la mise en œuvre d'un processus de conduite du changement pour le pilote du projet. C'est pourquoi, des ateliers d'information ont été montés afin de présenter les outils et le dispositif (soit deux réunions de deux heures et demie). Une campagne de communication a été menée au travers de l'intranet et de la revue interne d'entreprise. La hiérarchie a été invitée à participer aux ateliers pour comprendre les modalités du dispositif afin de faciliter les conditions de passation de la formation du collaborateur (formation sur le poste de travail sans être dérangé par les contraintes de production). Selon Gilles Droulez, " le e-learning va être une modalité de formation que les entreprises vont de plus en plus intégrer. La réforme de la formation professionnelle va faire évoluer les modalités de formation. Le DIF fait partie des nouvelles approches légales et va demander aux entreprises d'appréhender la formation d'une nouvelle manière. Si on ajoute à ce contexte, la pénurie des compétences, le vieillissement de la pyramide des âges, l'augmentation de la durée du temps au travail ( recul du départ en retraite), la conséquence en est une augmentation de la durée de la formation. La formation tout au long de la vie. A ce contexte social s'ajoute la forte concurrence entre les entreprises qui exige d'investir sur les compétences et donc sur la formation de ses salariés pour rester compétitives ". Au niveau des coûts, " si l'on compare le coût individuel de formation en salle à celui du e-learning, on a réalisé 30% d'économie " confirme Gilles Droulez. Le calcul s'appuie sur la comparaison du coût du dispositif par rapport au nombre de personnes formées, et intègre les coûts d'infrastructure, la licence Thomson NETg, le développement de la prestation de Cross Institute et les ateliers d'information. Selon Gilles Droulez " " le e-learning apporte une autre approche vis-à-vis de la question des coûts, elle oppose la logique d'investissement avec celle de l'amortissement. Quand on envoie un salarié en formation en salle quelques jours, l'entreprise investi x centaines d'euros, alors qu'en e-learning, plus l'entreprise achète de licences, plus elle forme et plus elle amortie, c'est une culture de l'amortissement ". Pour cette formation, Bouygues Telecom s'est appuyée sur la plate-forme Thomson NETg. L'achat d'une plate-forme est actuellement en discussion dans la mesure où 900 collaborateurs devraient être formés sur SAP. " Ce dispositif implique de créer des contenus métiers sur mesure, et permettre à l'ensemble des collaborateurs de se former en trois mois pour être opérationnel. C'est pourquoi le e-learning sera une modalité incontournable dans la mesure où il est difficile de répondre à ces impératifs avec des formations en salle ". Contact : Gilles
Droulez, Bouygues Telecom
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