Cet article est paru dans le dossier n° 180 d' Actualité de la Formation Permanente "Acteurs de la formation et FOAD : compétences et profils", daté de septembre-octobre 2002. Que les technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE) soient aujourd'hui un axe stratégique fort des politiques de modernisation de l'enseignement supérieur en France est un fait incontestable. Les trois appels d'offre successifs portant sur la création de campus numériques, visant la constitution de consortiums d'universités et de partenaires privés, en vue de proposer des formules de formation ouverte et à distance, attestent de la volonté des pouvoirs publics d'aider les universités à faire évoluer leur offre de formation. Les technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE), levier de modernisation des universités Que les technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE) soient aujourd'hui un axe stratégique fort des politiques de modernisation de l'enseignement supérieur en France est un fait incontestable. Les trois appels d'offre successifs portant sur la création de campus numériques (1), visant la constitution de consortiums d'universités et de partenaires privés, en vue de proposer des formules de formation ouverte et à distance, attestent de la volonté des pouvoirs publics d'aider les universités à faire évoluer leur offre de formation. Il serait par contre excessif d'affirmer que cette intégration des TICE se fait de manière massive dans les établissements. Force est de constater que les expériences en la matière restent souvent à une échelle expérimentale, avec un public restreint. L'irrigation de ces expériences à l'ensemble de l'enseignement supérieur se heurte à de nombreuses difficultés, en bonne partie liées à l'incapacité des établissements à remettre en cause leurs modes de fonctionnement, organisationnel et pédagogique, rigides et donc peu adaptables aux nouvelles modalités de formation basées sur la flexibilité et la réactivité. Dans le même temps, on constate également que la recherche universitaire en France a peu investi le domaine des formations ouvertes et du e-learning (2), en dépit des attentes fortes du monde industriel et du monde de la formation continue, qui manquent de repères et de mesures d'impacts sur la plus-value pédagogique des formations ouvertes. Faute d'indicateurs fiables, qui seraient le fruit de partenariats réels avec la recherche, ceux-ci en sont souvent réduits à conduire eux-mêmes des expérimentations parfois fort coûteuses, peu instrumentalisées du point de vue scientifique et qui restent assujetties aux offensives commerciales des promoteurs de solutions clés en main. Paradoxalement, les équipes les plus novatrices des établissements universitaires ne sont guère plus outillées que les autres acteurs de la formation dans leurs tentatives d'intégration des TICE et tombent parfois dans les mêmes errements stériles. La résolution de ces difficultés, qui devrait aboutir à un développement qualitatif et quantitatif de l'usage des technologies de l'information et de la communication au service des pratiques d'enseignement/apprentissage, exige un plan d'envergure, articulant plusieurs axes complémentaires : sensibilisation des structures de formation, diffusion d'études, de résultats de recherche, de ressources, réflexion collective des acteurs, mise en valeur des expériences innovantes, professionnalisation. C'est dans cette optique que le bureau des technologies éducatives et des technologies de l'information et de la communication du ministère de l'éducation nationale et du ministère de la recherche a proposé plusieurs initiatives pour instrumenter la réflexion, et notamment un axe portant sur les compétences des acteurs. Ce bureau a donc commandité à Algora deux études complémentaires, dont nous allons proposer une synthèse dans cet article. La première étude portait sur l'analyse des besoins de formation des personnels de l'enseignement supérieur à l'usage des TICE, la seconde visait à élaborer un référentiel de compétences.
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